Plan d’investissements écoles – intervention d’Alain Breuil au conseil municipal de Grenoble – Front National Isère

Plan d’investissements écoles – intervention d’Alain Breuil au conseil municipal de Grenoble

Monsieur le Maire, mes chers collègues.

A notre connaissance, personne sur les bancs de ce Conseil ne critiquera votre volonté de mieux accueillir les petits Grenoblois, toujours plus nombreux, dans les premières années de leur vie scolaire. Et le Front national ne fera pas exception.

Nous savons tous que la réussite scolaire future se détermine dès le plus jeune âge. Un enfant qui ne maîtrise pas les savoirs fondamentaux est hélas scolairement irrémédiablement perdu : connaissance du français écrit et parlé, maîtrise des raisonnements mathématiques, comportement social et culture générale sont des incontournables et des prérequis comme l’on dit aujourd’hui indispensables à toute scolarité réussie. Or, si vous êtes très fiers de vos projets, nous constatons un vide abyssal sur le contenu des enseignements. Certes, le recrutement des enseignants et le contenu des programmes n’est pas de notre compétence mais lorsque l’on s’apprête à dépenser 60 millions d’euros dans un budget contraint comme le nôtre, on pourrait afficher quelques ambitions. Or il n’en est rien. Vous en êtes réduits au rôle d’entrepreneur de BTP, ce que vous avez récemment revendiqué Monsieur le Maire.

Ce débat me fait penser à ceux que nous avions il y a plus de 20 ans au Conseil régional de Rhône Alpes lorsque fut décidé de « mettre le paquet sur les lycées » dont le délabrement était, pour certains, bien réel. Des milliards d’euros furent dépensés et le résultat est aujourd’hui connu : le niveau des petits Français ne fait que chuter invariablement dans tous les classements internationaux. Ah oui, il y a des agoras et des œuvres d’art contemporain, de larges baies vitrées et des moyens techniques ad hoc mais le résultat est hélas cruel. La qualité du bâti ne fait pas la qualité de l’enseignement. Et je me souviens avoir rappelé à la tribune dans le silence gêné de mes confrères et adversaires politiques le classement des meilleurs lycées de France et de Rhône Alpes de l’époque: Louis le Grand et Henry IV à Paris, le lycée du Parc et le lycée Ampère à Lyon, Champollion à Grenoble, Lakanal à Sceaux et j’en passe. Bref, que des lycées d’un autre âge, des architectures austères et rigoureuses, presque des abbayes avec les cellules des moines: rien pour détourner le lycéen de sa mission : réfléchir et apprendre, apprendre encore.

Vous me permettrez donc de penser que le même raisonnement peut s’appliquer à nos écoles primaires et à nos maternelles, tout en tenant compte bien sûr, de l’âge des enfants.

Vous le savez comme moi, l’éducation nationale est en perdition et a perdu depuis longtemps son statut envié d’ascenseur social. Si vous n’êtes pas issu de familles favorisées avec parents enseignants, médecins, ingénieurs, avocats ou autres, vos chances de succès sont aujourd’hui quasiment nulles. Car c’est de plus en plus à la maison que l’on apprend à bien parler sa langue maternelle, sans laquelle rien n’est possible, à connaître les codes de bonne conduite, à s’intéresser à autre chose qu’aux jeux-vidéo et autres télés réalité, la musique classique par exemple, dont il est largement prouvé qu’elle aide au développement de l’enfant. Les gamins de Steeve Job ne sont pas allés à l’école communale du quartier pour apprendre à pianoter dès leur plus jeune âge les tablettes numériques inventées par leur papa…

Nous pensons donc que, sans outrepasser vos droits, vous avez le devoir d’exiger, compte tenu des efforts que nous allons faire, 60 millions d’euros ce n’est pas rien, qu’un certain nombre de règles soient scrupuleusement appliquées :

  • Apprentissage prioritaire du français avant tout autre enseignement : comment voulez-vous en effet qu’un gamin qui ne parle pas français à la maison réussisse dans les autres disciplines?
  • Apprentissage des raisonnements de nature mathématique et autres avant l’apprentissage du tout numérique.
  • Respect absolu des règles de bonne conduite et de savoir vivre dans le strict respect de la laïcité républicaine.
  • Apprentissage du vivre ensemble par la mise en œuvre de pratiques collectives telles le sport ou le chant choral.
  • Découverte du beau sous toutes ses formes par la nature, l’art, l’architecture…
  • Apprentissage de l’effort par l’apprentissage scolaire, le sport, l’observation du vivant, la musique et j’en passe.
  • Découverte de la richesse du patrimoine, de l’histoire et de la géographie français : il y a aujourd’hui des heures disponibles pour cela.

Dernière chose Monsieur le Maire et qui nous inquiète : lancer ce programme de 60 millions d’euros quelques semaines avant les régionales est assurément avisé et la critique de vos prédécesseurs astucieuse. Vous sous-entendez ainsi que l’équipe précédente, à laquelle certains d’entre vous ont participé, a délibérément omis un programme essentiel, l’enseignement, au profit de réalisations de façade telles le Stade des Alpes ou la Belle Électrique et qui sont en plus, autant de gouffres financiers. C’est une accusation grave, très grave pour vos anciens alliés socialistes. On se demande même pourquoi vous n’avez pas tapé du poing sur la table pour faire entendre la voie de la sagesse. Nous aimerions également en savoir un peu plus sur le financement de cet ambitieux programme : Avez-vous sacrifié certains projets ou pensez-vous recourir une fois de plus à l’emprunt ? Êtes-vous certains que vous aurez à temps les enseignants nécessaires car comme vous le savez, François Hollande a embauché 60 000 fonctionnaires dans l’éducation nationale, je doute qu’il puisse faire mieux. Avez-vous fait le maximum pour obtenir des architectes et maîtres d’œuvre la meilleure prestation au meilleur prix en bridant leur imagination débridée? Comme je vous le faisais remarquer déjà il y a quelques mois, on peut souvent faire mieux en renégociant les marchés comme l’a par exemple fait Steeve Briois, désigné élu de l’année par la presse, à Hénin-Beaumont. Nos finances ne sont pas extensibles et comme vous le savez, les dépenses imprévues et non budgétées se succèdent. Dans quelques heures nous allons encore engager 650 000 € pour le désamiantage des bâtiments Allibert rue Esmonin.

Alain Breuil, conseil municipal du 21 septembre

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