Mireille d’Ornano dénonce la vision soviétique de la Métro sur le commerce local – Front National Isère

Mireille d’Ornano dénonce la vision soviétique de la Métro sur le commerce local

ARTISANAT, COMMERCE, PME – Délibération cadre de soutien aux secteurs du commerce de l’artisanat et des services.

Intervention de Mme d’Ornano, Présidente du Groupe Front National
Conseil Métropolitain du 18/12/2015 – Note de Synthèse 1DL15866

Monsieur le Président, mes chers collègues,

La délibération cadre qui nous est proposée reconnaît que le commerce, l’artisanat et les services sont une composante importante de l’économie, génératrice de richesse et d’emploi. On se réjouit de ce que la Métro fasse ce constat car nous avons trop souvent cette année-ci entendu gronder l’orage entre les collectivités et les commerces.

On nous dit dans cette note que le commerce souffre :

  • de coûts de loyers élevés
  • de zones commerciales mal entretenues
  • d’une image négative dans les quartiers prioritaires
  • et d’un accès peu aisé au centre de l’agglomération.

Ne pensez-vous pas qu’il souffre aussi d’une imposition trop élevée? Pas un mot sur celle-ci. N’y aurait-il que les propriétaires de locaux qui pèsent sur les commerçants? Cette vision des choses est assez loin de la réalité. Écrasés de taxes en tout genre, beaucoup de commerçants jettent l’éponge.

Globalement, votre plan part du principe très socialiste que la Métro doit décider de ce dont ont besoin les habitants, des types de commerces à avoir en ville, de ceux qu’on ne veut pas voir en ville, de ce qu’ils doivent vendre, de la surface commerciale et, pourquoi pas, des prix de vente. Il ne vous manque plus qu’à faire fonctionner le commerce à la place des commerçants.

Dans ce plan sur le commerce il y a un grand absent, le commerçant lui-même.

Vous prétendez les avoir consulté mais ils ont tous claqué la porte lors des Assises du commerce.

On note au passage des chose étonnantes :

possibilité d’interdiction de commerces au sein de zones d’activités… interdiction en milieu pavillonnaire

Les commerces ouvrent là où ils répondent à un besoin, jamais pour pavoiser et rester vides. Vouloir les interdire à priori c’est vouloir priver les habitants d’un service utile.

inscrire des règles qui permettront d’assurer l’équilibre entre les différentes formes de commerce

On dirait vraiment que la liberté vous fait peur. Le déséquilibre est aussi une raison du succès. Près des nouvelles zones pavillonnaires on trouvera des commerces de bricolage et de jardinage.  Dans les anciennes on ne bricole plus. L’accumulation de capital dans une zone est une condition du succès. Des commerces semblables s’installent au même endroit et le public y va justement parce qu’il sait y trouver un large choix dans le même secteur (exemple: les marchands de meubles concentrés à Saint Egrève).

…le droit de préemption commerciale permet à la collectivité de se substituer à l’acquéreur lors de la vente d’un local commercial

Il s’agit d’une mesure très grave. On comprend que pour préserver l’espoir de garder un commerce, une commune puisse se porter acquéreur d’un local vide et fonctionne un peu comme l’EPFL. Par contre, aller se substituer à un acquéreur potentiel pour imposer une vision étatique de ce que doit être le commerce à cet endroit est une dérive inacceptable.

taxe sur les locaux commerciaux vacants

Là on atteint  l’absurde. Un local est bien souvent vacant parce que les collectivités territoriales ont freiné le commerce dans cette zone. Vous voudriez en plus que les malheureux vous payent une taxe. Ce n’est sûrement pas avec de telles mesures que vous allez attirer des candidats.

pépinière multisite … pour les quartiers prioritaires

Il s’agit en fait d’organiser une concurrence déloyale.  Il suffit d’habiter du côté pair d’un boulevard plutôt que du côté impair pour bénéficier d’avantages et être exonéré de taxes. C’est une discrimination dont on se passerait bien à l’heure où le quart des jeunes est sans emploi. On n’a vraiment pas besoin de ces mesures anti-économiques et démotivantes.

Le commerce en ville souffre de locaux trop petits ce qui limite la taille des surfaces de vente, le choix offert et par là-même, l’attractivité. Des mesures facilitant l’accroissement des surfaces devraient être envisagées. Mais attention, la Tascom guette les aventureux au-delà de 400 m².

Les commerçants ont expliqué sur une affiche ce dont ils ont besoin. C’est beaucoup plus simple que vos usines à gaz. Ils n’ont pas besoin d’aides mais qu’on les laisse travailler.

Ils veulent :

  • une ville sûre

Je ne vois aucun paragraphe sur la lutte contre l’insécurité dans votre plan d’action et pour cause, ce n’est pas de la compétence de la Métro.

  • une ville fluide et accessible

On ne voit rien pour faciliter l’accès : ni ouvrage prévu, ni stationnements supplémentaires, ni agrandissement des parkings relais, absolument rien de ce côté. Là encore, ce n’est pas de votre compétence obligatoire mais de votre compétence optionnelle.

  • une ville tenue et propre, une ville attractive

Je comprends bien que dans l’état actuel du transfert des compétences des villes à la Métro vous n’ayez pas encore tous les leviers de commande vous permettant d’agir conformément au souhait des commerçants. Encore faudrait-il en avoir la volonté. Mais cependant nous avons ici une délibération cadre, qui par conséquent traite du futur. Rien ne vous interdisait d’empiéter sur des compétences futures .

En conséquence de toutes ces réserves nous voterons contre cette délibération.

Je vous remercie.

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