Intervention de Mireille d’Ornano au conseil communautaire sur l’orientation budgétaire de la Métro

Conseil Communautaire du 19 décembre 2014 – Débat d’Orientations Budgétaires

Intervention de Mme d’Ornano – Présidente du Groupe Front National
Monsieur le Président, mes chers collègues,

La présentation du Débat d’Orientations Budgétaires nous laisse un peu sur notre faim puisque hormis quelques nouveaux budgets annexes, rien n’est planifié en fonction du passage des nombreuses compétences des communes à la Métro.

Page 4 on peut lire «Le budget a été construit à périmètre inchangé de compétences» puis juste après vous écrivez que les futurs transferts seront neutres financièrement. Au contraire de vos amis du gouvernement qui déclarent le lundi qu’il n’y aura pas d’impôt nouveau et qui en inventent un le vendredi, vous déclarez le lundi, en conseil municipal de Grenoble, que le passage en métropole n’apportera aucune économie d’échelle et coûtera toujours un peu puis le vendredi qu’il n’y aura pas d’impôt nouveau. Oui il y aura de nombreuses hausses d’impôt comme nous le verrons un peu plus loin.

Le fait de ne pas rentrer dans des détails comptables vous permet d’annoncer plus clairement vos choix politiques et c’est précisément là-dessus qu’apparaissent les dangers qui nous guettent.

D’emblée, le choix de vos priorités annonce la couleur et le manque d’ambition. Nous notons que les priorités de la métro sont en premier lieu d’obédience rouge : la lutte contre les précarités et les inégalités qu’elles soient sociales ou territoriales. Puis on passe au vert : la fameuse transition énergétique.

Que faites-vous de l’emploi, du développement du commerce, de l’installation de nouvelles entreprises?

Rien, ce n’est pas votre priorité. La création de richesse ne vous intéresse pas. On ne vous demande pas d’étudier un «schéma stratégique … qui prévoira notamment le développement économique» mais  de nous éclairer sur les mesures concrètes que prendra la métro pour relancer l’activité.

Au conseil municipal de lundi à Grenoble, la première adjointe Elisa Martin a déjà affirmé « Du passé faisons table rase » suivie par Alan Confesson annonçant une tarification progressive du service de l’eau avant de se justifier par « A chacun selon ses besoins ». Ce thème revient page 5 du DOB. Ces dérapages inadmissibles nous renvoient aux heures les plus noires qu’a supporté la Russie et les tristement célèbres Républiques démocratique d’Europe de l’est. Apparemment vous ne retenez rien des leçons du passé.

Vous nous parlez sans cesse de solidarité mais derrière ce joli mot se cache une réalité que les habitants connaissent. La politique de la ville déverse des dizaines de millions prélevés sur les travailleurs, dans des quartiers très spécifiques où les résultats escomptés se font toujours attendre. Le principal résultat de l’aide sociale tous azimuts et sans contrôle est la création de bidonvilles. Des quartiers qui étaient relativement cossus deviennent invivables à cause de l’attrait que vous exercez sur certaines populations. Dans votre projet combien de nouveaux bidonvilles sont prévus pour 2015? Vous évitez de répondre. Il y a eu 6.000 demandes de logement d’urgence cette année et seulement 2% ont pu être satisfaites. Cherchez-vous à en avoir 10.000 l’année prochaine?

Vous nous parlez sans cesse de cohésion sociale. Votre politique d’immigration a pour principal résultat la montée des communautarismes. Qui se ressemble s’assemble. L’homme est ainsi fait. Vous essayez d’y pallier de force par la mixité sociale mais c’est un véritable échec. Les sociétés d’HLM elles-mêmes se plaignent du nombre de logements à vendre et qui ne trouvent pas preneur.

Votre objectif de lutte contre la «ségrégation spatiale … par la relance de la politique cyclable» nous laisse pantois. Pour bien prendre conscience du problème je vous suggère de venir un mois complet à bicyclette depuis Pont-de-Claix, par tout temps. Le maire de Grenoble a lu les statistiques de l’Obs’Y avant de faire campagne. 90% des habitants de la commune de Grenoble travaillent sur place. Il était donc de bonne guerre de proposer à ses électeurs potentiels des restrictions sévères au transit automobile et de favoriser les déplacements à bicyclette. Ses propositions populistes ont trouvé un écho favorable.

Le passage à la métro va rassembler 49 communes. C’est l’occasion unique de prendre de la hauteur et d’essayer de satisfaire l’intérêt général. C’est l’occasion unique de mettre en œuvre une véritable politique des transports qui prenne en compte les besoins réels des personnes en dehors des Zones Urbaines Sensibles. Les travailleurs bloqués dans les 170.000 véhicules qui passent au Rondeau chaque jour et ceux bloqués dans les 100.000 véhicules qui transitent sur l’A480 valent bien les habitants des ZUS. Qu’ont-ils fait pour mériter un tel châtiment?

Selon une étude de 2011 citée dans le DL du 3 décembre, les travaux à réaliser coûteraient 130 millions d’euros. Empruntés sur 20 ans à 3½% cela représente une charge d’intérêts et de capital de 9 millions par an. Quand on voit les montants des subventions versées un peu partout on est bien obligé de constater que ce n’est pas le manque de moyens qui a bloqué les travaux. C’est un choix délibéré et un manque de vision globale.

Le développement économique a un besoin vital du transport routier. Les entreprises s’installent de préférence là où elles peuvent commercer et là où leurs employés peuvent les rejoindre. Les commerces ont besoin que les clients puissent y accéder facilement. Malheureusement, cela n’est pas encore compris. La quantité des locaux à louer ou fermés le prouve.

Vous ne voyez le développement économique qu’au travers des entreprises innovantes ou de l’économie sociale et solidaire. Les premiers consomment beaucoup de subventions mais emploient peu de monde. Leur durée de vie est très faible. La seconde est tout à fait marginale. La fabrication maison de gâteaux où une réunion amicale pour faire des pâtés n’est pas l’avenir de notre agglomération.

Le cœur du sujet est les PME qui produisent des biens de consommations réels. La politique de mise en concurrence libre et faussée menée par vos amis depuis des années a provoqué la disparition pure et simple de centaines d’entreprises dans notre métropole. Nous y perdons nos emplois, nos économies et, pire que cela, notre savoir-faire. Il est urgent de minimiser cet impact par une politique délibérée de passation de marchés avec des entreprises locales et une simplification de toutes les normes possibles. Espérons que vos prochains PLU et PLH ne soient pas un frein supplémentaire à leur implantation.

Sur le plan budgétaire, compte tenu de la diminution de 6,6 millions des subventions de l’État, les recettes vont augmenter de 4% et non pas de 2%. D’où vient cet argent? Vous écrivez en caractères gras que la pression fiscale reste inchangée. C’est faux. Le contribuable attache peu d’importance au pourcentage mais beaucoup au montant en euros qui sort de sa poche. Celui-ci va augmenter de 2% sous l’effet de la hausse des bases. Il faut le dire et le répéter. Alors que la croissance sera quasiment nulle en 2015, la métro prévoit d’augmenter les impôts des particuliers de 2%.

On apprend avec consternation que la métro a contracté des emprunts structurés indexés sur les parités entre devises ainsi que des prêts à taux variables indexés sur l’Euribor 3 mois. Ôtez-nous d’un doute. Est-ce que Jérôme Kerviel est votre conseiller aux finances publiques? Vous n’êtes pas là pour spéculer avec l’argent des contribuables. L’Euribor qui est à 0,082% a été à 5,5% en 2009. Il s’agit d’une variation de 1 à 67 qui peut très bien se répéter.

Si nous continuons sur ces bases, la métro va s’effondrer sur elle-même.

Il y a donc deux visions de la métro qui s’affrontent.

La vôtre, uniquement axée sur un filet de sauvegarde mondialiste qui nous enferme dans la spirale de la misère.

La nôtre, qui reconnaît le ressort essentiel de la création de richesses, sans laquelle l’aide sociale se finance par la dette et la perte de capital jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’aide du tout.

Nous défendrons toujours la France qui travaille, celle qui va de l’avant.

Je vous remercie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *