Contrat de ville de Grenoble – saupoudrage électoraliste aux frais du contribuable

Intervention d’Alain Breuil au conseil municipal de Grenoble

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

argentDans l’attente de notre prochaine réunion de juin où nous débattrons du contrat de ville 2015-2020, vous nous proposez en quelque sorte un petit hors d’œuvre. Et l’on n’est pas déçu ! Vous allez en effet faire participer la ville à 57 actions réparties sur 4 quartiers pour un montant total de 158 000 € soit moins de 2 800 € par action ! C’est qu’il ne faut oublier personne… C’est ce que nous appelons du saupoudrage. Non pas que toutes les actions proposées soient inutiles, mais toutes ne sont pas indispensables. De la lutte contre l’obésité à la réappropriation de l’espace public par les femmes, de l’apprentissage du Français au futsal, de la lutte contre les discriminations liées au genre aux correspondants de nuit dans les quartiers, c’est comme à la Samaritaine, on trouve tout dans votre contrat de ville !

Prenons par exemple votre action en faveur des « Portraits Selfies », 85 000 € tout de même ! A part moi qui ne sais pas utiliser mon portable en appareil photo, tous les habitants de Grenoble savent faire des selfies ! Est-ce vraiment nécessaire de s’investir là-dedans ?

Regardons le programme en faveur des correspondants de nuit : plus de 520 000 € soit le tiers du contrat. Cela prouve au moins que l’insécurité reste un vrai problème n’en déplaise à certains membres de votre majorité. La question qui nous vient à l’esprit est claire : A-t-on besoin de correspondants de nuit ou d’une police plus nombreuse, plus équipée et armée avec mission d’interpeller la toute petite minorité qui rend certains jours la vie impossible dans les quartiers ? Pour nous la réponse est claire.

Mais ce n’est finalement pas cela qui me choque le plus dans votre rapport. Le plus terrible c’est le montant moyen des revenus de ces 4 quartiers : entre 8 000 et 11 000 € par habitant et par an. Cela veut dire que le revenu moyen de ces quartiers se situe au niveau, voire en dessous, du seuil de pauvreté qui est de l’ordre de 900 € par mois. Et que cela ne semble pas s’arranger, bien au contraire. Et vous constatez comme nous que nos partenaires institutionnels (État, Région, Département, Agglo, Caf) baissent leurs concours de 15 à 18% ! Et vous nous annoncez que certains financements de l’État ne sont pas stabilisés. Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites !

Cela nous conduit à poser au moins une question :

Que ferez-vous si certains financements continuent à baisser comme cela a toute chance de se passer ? Abandonnerez-vous le financement de certaines actions ou la commune assurera-elle le complément ?

Pour notre part nous sommes très hostiles à la politique de la ville car ce saupoudrage n’a pas de sens. Nous pensons au contraire qu’il faut retenir quelques actions essentielles telles l’éducation, la santé, la sécurité, le strict respect de la laïcité et mettre le paquet dessus.

26 mai 2015, délib 3 B 005

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